Nocturnes de Chopin

Vous trouverez ici une sélection de Nocturnes de Chopin interprétés par Michèle Boegner. Ces enregistrements, ainsi que les textes les accompagnant , sont extraits du disque “Frédéric Chopin, Intégrale des Nocturnes par Michèle Boegner” , paru en 1999 chez Calliope, et jouée par l´interprète sur un Piano Pleyel (1836).

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Nocturnes 1, 2 et 3, Opus 9.
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Nocturnes 1, 2 et 3, Opus 15.
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Nocturnes 1 et 2, Opus 27.
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Nocturnes 1 et 2, Opus 32.
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Nocturnes 1 et 2, Opus 37.
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Introduction

(Extrait du livret, par P.Morant)

Le nocturne pour piano, une création de Field ? Sans doute. Mais le nocturne pour piano, c’est d’abord et avant tout Chopin, comme la fugue Bach ou la rhapsodie Liszt. Comme eux, le Polonais a si fortement marqué le genre de son sceau personnel qu’il en a fait oublier les racines et stérilisé les graines. D’ailleurs, moins qu’un genre musical à part entière, le nocturne est surtout l’appropriation par la musique d’une catégorie littéraire et picturale dont les éléments jalonnent le romantisme. Des dix mille vers des Nuits de Young (1740 – 1745) aux Nuits de Musset (1835), en passant par les tableaux de Vernet (vers 1760) et les Hymnes à la Nuit de Novalis (1800), nombreu- ses sont en effet les œuvres qui rendent hommage à ce moment privilégié où, comme l’écrit René de Chateaubriand, ‘il me semblait que la vie redoublait au fond de mon cœur, que j’aurais la puissance de créer des mondes’. Ces mondes, Chopin les crée vingt et une fois entre 1827 et 1846, nous livrant littéralement son âme par le biais d’une main droite transmuée en cantatrice. Est-il téméraire d’affirmer que c’est chaque fois à une femme que vont ses pensées ? Quoi qu’il en soit, si l’épanchement lyrique est présent dès le premier Nocturne (Chopin n’a alors que 17 ans), la forme, elle, ne se verra fixer que progressivement et encore de manière toute relative.

Ainsi, le Nocturne, opus 72 n°1 posthume, en mi mineur (1827), montre-t-il encore une structure apparentée à la forme sonate, sans développement : un premier thème, en mi mineur, est donné deux fois de suite (avec deux conclusions différentes). Un second, en si majeur, lui succède. Le tout est ensuite réexposé : alors que le premier thème se voit plus orné, le second adopte à nouveau la tonalité de mi mineur pour se terminer en mi majeur.

Le Nocturne, opus 27 n°1, en do dièse mineur (1830), possède déjà un semblant de forme ‘Lied’ (ABA) mais il s’agit en fait de ‘collage’. Après une courte introduction, des extraits de différentes œuvres (mélodie de Zyczeni (Désir) ainsi que le second et troisième mouvement du Concerto en fa mineur) sont encadrés par un thème charmeur. Chopin a lui-même dévoilé le nom de la jeune fille qui inspira l’Adagio du Concerto : Constance Galdkowska.

Quant au Nocturne, opus 48 n°1, en ut mineur, sa forme (AA’AA’’BBCCDBBCC, où D n’est qu’un embryon de passage central en la bémol majeur), ainsi que son parcours tonal (ut mineur – fa mineur – la bémol majeur – ut mineur) trahissent une œuvre de jeunesse : certains musicologues en font pourtant une des dernières du maître.