Piano Sonata 6, K.284.
Allegro | Andante | Allegro
Les cinq premières sonates « de Munich » restèrent inédites du vivant de l'auteur, une des raisons étant peut-être que Mozart tenait à les réserver pour lui-même. Tel ne fut pas le cas de la Sonate n°6 en ré majeur KV 284 (205b) , dite « Dürnitz» : elle parut en 1784 chez Torticella à Vienne (cf. à ce sujet la sonate en si bémol majeur n°13 KV 333). C'est la plus vaste et la plus brillante des six, celle pour laquelle il est difficile de trouver un modèle : à la rigueur, pour ses sonorités, la sonate opus 5 n°2 en ré majeur de Johann Christian Bach (1765), dont Mozart avait réalisé au printemps 1772 une version concerto.
Mozart destina sa sonate n°6 (et peut-être les cinq autres) au baron Thaddäus von Dürnitz (1756-1807). Il supprima une première version du début de l'Allegro initial : soixante-et-onze mesures proches stylistiquement des cinq sonates précédentes. La version définitive s'en écarte de façon spectaculaire. Elle s’ouvre par un accord arpégé de tonique suivi d'un unisson de trois mesures. Ce début aurait aussi bien pu servir pour une symphonie, ce qu'on peut dire aussi des doubles croches en trémolos « violonistiques » sur une basse en octaves parallèles des mesures 13-16. Globalement, l'impression d'une page symphonique en réduction pour piano. Suit un « Rondeau en polonaise» (Andante) en la majeur. Il y a deux couplets, le premier se terminant à la dominante mi majeur et le second débutant au relatif fa dièse mineur et passant en ré majeur avant de se faire l'écho du premier.
Chaque fois, le refrain se présente sous un aspect nouveau et plus richement orné : au plan structurel, on a en quelque sorte des variations en rondo avec coda terminale. La forme variations est celle du finale (sans indication de tempo). Un thème en mesure à 2/2 est suivi de douze variations dont la n°7 en mineur, la n°11 (sans reprises et richement ornée) marquée Adagio cantabile et la n°12 (également sans reprises et à 3/4) Allegro. Ce mouvement est à lui seul plus long que les deux premiers réunis, voire que certaines sonates, et quelques variations sont d'une difficulté extrême. Dans se ses sonates, Mozart ne devait revenir qu'une fois à la forme variations (premier mouvement celle en la majeur n°11 KV 331).
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The first five “Munich sonatas” remained unpublished during Mozart’s lifetime. Maybe he wished to keep them for himself. The contrary is true of Sonata n°6 in D major K. 284 (205b) , called “Dürnitz”. Torricella published it in Vienna in 1784 (cf. Sonata in D major no 13, K. 333). It is the most extensive and the most brilliant of the six sonatas and it is difficult to find a model. Possibly a link may be made with Sonata opus 5 no 2 in d major by Johann Christian Bach (1765). In the spring of 1772 Mozart had made a concerto version of this work.
The composer had destined his Sonata n°6 (and maybe the other five) to baron Thaddäus von Dürnitz (1756 – 1807). He deleted a first version of the commencement of the initial Allegro: 71 bars stylistically near to the preceding five sonatas. The final version is spectacularly different. It opens with an arpeggio tonic chord followed by three bars in unison. Such an opening might have introduced a symphony. The same might be said of the double crotchets in violin-styled left hand tremolos appearing in parallel octaves (bars 13 – 16). One thus gets the impression that a passage of a symphony has been reduced for the piano. In the following Rondo polonaise (Andante in a major) there are two couplets. The first ends upon the dominant e major; the second starts at the relative f sharp minor passing into d major before echoing the beginning.
Each time the refrain comes back under a new aspect and turns more richly adorned. Structurally the Finale is in a sense a group of variations with a coda in rondo form without an indication of tempo. A theme in 2/2 is followed by twelve variations; no 7 is in minor, no 11 (an Adagio cantabile without repetition and richly adorned) and no 12 (an Allegro in 3/4, equally without repetition). This movement is longer than the two preceding and even longer than some sonatas in their entirety, a few of the variations being extremely difficult. In his sonatas Mozart came only once back on the variations form (Sonata no 11 in a major, K. 331 first movement).